Etienne Martin est le peintre québécois que je vais vous raconter, celui qui crée deux oeuvres : la peinture et l'opportunité relationnelle. Doit-on pour autant le considérer comme un artiste visionnaire ?

Etienne Martin naît en 1977 d'une mère enseignante et d'un père imprimeur. Les habitants de Sainte-Adèle, la ville où il voit le jour et grandit, se souviennent de lui. En effet, à l'âge de six ans, celui qui a toujours peint et dessiné, gagne le " Concours Caisses Populaires Desjardins " de peinture. En 2005, alors qu'il a quitté sa ville natale depuis 5 ans, il offre une toile à la ville. Puis, des années plus tard, en 2010, dans le cadre du projet municipal, La Route de notre patrimoine en peinture, oeuvres extérieures à Sainte-Adèle, d'artistes renommés, le peintre est invité à y réaliser une murale. Mais, au fait : qui est Etienne Martin ?
Cet autodidacte qui a beaucoup appris par ses lectures (Picasso, Soutine, Modigliani, Van Gogh, etc.) dit qu' " être artiste c'est la combinaison de plusieurs trucs, un réel engagement social ".
Découvrons qui est ce jeune peintre Montréalais d'adoption qui affirme que " si ç'avait pas été la naissance d'Esteban " (2009), il serait parti " plus loin, prendre des photos d'là. En Bosnie, Kabul… Haïti ", un peu comme un photographe, un illustrateur de guerre.

1999 - 2000 : Etienne Martin débute da sa vie de peintre professionnel à Montréal.

2001 : Première exposition à Montréal, chez Barman et Robine.

2000 - 2001 : Etienne débute un baccalauréat en enseignement des arts à l'UQÀM. Il abandonne lorsque ses Prêts et Bourses s'annoncent s'élèver à 8 $ pour janvier.

2002 : Prenant conscience de l'impact de son " univers personnel " sur de ses amis, le jeune artiste se met à exposer (de façon individuelle ou collective) dans les bars, effectuant des petites jobs pour survivre.

2004 : Le peintre découvre et affine sa technique " coulis et carreaux " à travers plusieurs voyages qu'il effectue à Cuba. À partir des photos qu'il prend, l'homme décide : " Je peux faire ce que je veux de cette façon-là. " L'artiste intégrant l'idée de conjuguer souplesse et liberté, crée dans sa tête deux départements à son entreprise : le Pain - le Beurre (alimentaire) et le Recherche et Développement (" pour m'amuser "). C'est alors qu'Etienne met en oeuvre une sorte d'habileté marketing innée doublée d'une aptitude à saisir, voire à créer, les opportunités. C'est d'ailleurs sans ambages qu'il affirme : " Tu comprends ce qui plaît et tu fais un compromis avec ce que tu aimes faire ".

2001 - 2006 : L'artiste participe à diverses expositions dans le but de se faire voir et de vendre.

2004 : En pause à Québec où Etienne expose dans une galerie, il est approché par un galeriste qui, lors d'un dîner au restaurant, lui offre le prêt de son sous-sol d'atelier, l'achat de son matériel de peinture, en échange d'un tableau par semaine. Ce que l'homme considère comme une belle expérience dure deux mois (et huit tableaux).

2005 : De retour à Montréal, il croise Biz (Loco Locass). À celui qu'il appelle " mon Gaston Miron à moi ", Etienne Martin fait don d'un tableau illustrant le Stade Olympique. De plus, il s'engage à offrir à Biz une de ses œuvres à chaque sortie d'album.

Juin 2006 : À Patati Patata, où Etienne déjeune en feuilletant son portfolio, le propriétaire du restaurant l'approche et lui propose de s'approprier le mur du commerce. Pour la réalisation de cette murale, le peintre travaille avec son acolyte Julien Fortin qu'il associe désormais à ses " grands projets ". À travers sa murale sur Saint-Laurent et Rachel, Etienne réalise un souhait : l'art ne doit pas être enfermé. Quoi qu'il en soit, les passants sont séduits. L'un d'entre eux offre à l'artiste : " viens chez moi faire une fresque ". Ce projet lui apporte à la fois un réel partenariat avec le resto ainsi qu'une visibilité à l'origine d'autres contrats rémunérés. L'année chargée pour Etienne Martin qui travaille autant aux fresques qu'aux expositions. C'est alors, aussi, qu'il commence à décliner sa technique sur des mannequins de plastique et des guitares.

2007 : La Galerie d'Art de Sainte-Adèle l'ayant invité à exposer en octobre, l'artiste se replie dans sa ville natale où il produit tout l'été. Et... retour à Montréal. Etienne souhaite se retrouver : vie d'artiste, lieux et collaborations diverses lui apportent l'énergie nécessaire à ces retrouvailles.

2008 : Découverte et appropriation par le peintre d'un nouveau lieu de vie, d'un espace de création, le 2019, Moreau, Montréal, une ancienne usine désafectée où se croisent artistes et monde interlope. Dans le même temps, Etienne est invité à Cabine C, Dans cette entrevue télévisée menée par Christiane Charrette à Radio-Canada, il présente son point de vue sur la peinture à Montréal et sur la condition d'artiste peintre (www.cabinec.com). L'été est riche en rencontres (sa blonde, en outre) et en créations. Etienne mûrit un projet de voyage en Europe qu'il prépare financièrement (création, expos, vente) et qu'il met en oeuvre en septembre. Alors qu'il se laisse imprégner par Barcelone, Guernica de Picasso le hante... mais trop loin Madrid. Qu'importe finalement puisque Gaudi l'émerveille, le séduit et le touche. L'artiste s'arrête dans la capitale de la Catalogne et s'y laisse inspirer.

2009 : Encore une rencontre. Micah Lockart, alors qu'il vient d'acquérir son Lama, tombe sous le charme du travail du créateur. Puis, rapidement, leurs échanges amènent les deux hommes à considérer une collaboration dont le but serait de promouvoir les artistes d'ici : les bases de Decover sont jetées. La création et le lancement du magazine gratuit d'arts visuels s'effectuent en septembre. Le presque mensuel, qui présente les portfolios de 10 artistes, est financé uniquement par la publicité qu'il diffuse essentiellement pour le compte de commerces locaux. Si la coopération entre les deux hommes se cristallise autour de la direction artistique, Decover constitue un lieu de rassemblement d'artistes au sens de la création pure selon Etienne qui prend à bras le corps les dossiers de sa promotion, de sa publicité et de sa distribution. En septembre, la murale de Patati Patata, qui continue de faire son chemin apporte une autre opportunité : l'appropriation en formes et en couleurs d'un espace de travail " classique " pour le compte d'un architecte.

2010 : La relation qu'Etienne et Biz entretiennent, amène les deux hommes à participer à l'opération " Parcodon " du magazine l'Itinéraire. Lors de cette manifestation, le duo réalise une œuvre commune (remisée durant la période hivernale) que l'on peut admirer face au magasin Archambault du métro Berri - Uqàm. En juin, Etienne réalise le comptoir du restaurant Mamm Bolduc. Il y est depuis exposé en permanence, " C'est mon show room ! ". Il s'exprime aussi dans le cadre de La route de notre patrimoine en peinture (Sainte-Adèle). L'été constitue une période de création intense pour l'artiste qui prépare sa plus importante exposition solo. Celle-ci s'annonce, et se tient finalement en octobre, à la galerie Zéphyr, à Montréal. Ce projet est essentiel pour Etienne, papa depuis mai 2009, qui compte en faire un moyen de subsistance familiale " jusqu'à la saison nouvelle ". Il faut dire que les nombreuses subventions demandées par l'artiste lui sont invariablement refusées, par le conseil des Arts du Canada en outre. Pour Decover, il en est autrement, puisque l'artiste amène la Caisse Populaire du Mont-Royal à supporter le magazine financièrement, ce, à un moment clé dans la vie du magazine dont l'existence est menacée.

En ce début d'année 2011, dresser la liste des lieux dans lesquels Etienne a exposé serait fastidieux. D'ailleurs, lorsqu'on interroge le jeune peintre quant au nombre d'œuvres qu'il a produites, sa réponse, " au dessus de 200 ou de 300 " en dit long sur sa considération du passé. Sa conception du futur alors…
Ses projets à plus long terme : L'artiste aimerait travailler avec les enfants trisomiques, " j'l'ai déjà fait, aller dans les écoles primaires ", " j'vais aller à l'hôpital Sainte-Justine pour faire remplir mes carrés par des enfants malades ", " Ché Guevara est une inspiration ". Plus concrètement, il veut développer la peinture au café qu'il a introduite dans son travail depuis peu.

Cette bio, dans laquelle optimisme flagrant et réalisme semblent se côtoyer chez l'artiste, est cependant muette sur le sujet de la sécurité financière : alors… " Étienne, as-tu peur à l'argent ?
- Non, je suis sur la qualité et le mode de vie ".

Étienne Martin, c'est effectivement la " combinaison de plusieurs trucs " : l'artiste, le gérant, le relationniste et le citoyen socialement engagé. Est-ce cela, " l'unité dans la différence " qu'il revendique, pratique et applique dans ses œuvres ?

Entrevue à Cabine C
Magazine Décover
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Décover magazine
Etienne Martin est le co-fondateur de la revue québécoise sur les arts visuels Décover magazine
Encadrements Ste-Anne
Impression sur toile disponible des oeuvres de Etienne Martin

Restaurant Mamm Bolduc

Restaurant où certaines toiles de Etienne Martin sont exposées.

Zéphyr Lieu d'art
Vous pouvez retrouver certaines des oeuvres de Etienne chez Zéphyr Lieu d'art à Montréal
GalerieArtVirtuelle.com
Etienne Martin expose certaines de ses oeuvres sur le site de la Galerie d'Art Virtuelle
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